Témoignages

Témoignage du Président de l'Académie Nationale de Metz , Pierre Brasme.

 

 

Montesquieu et Machiavel : les démons de la Politique

 

Samedi 9 novembre 2019, dans le cadre du 17e Salon du Livre d’Histoire de Woippy, un public nombreux a pu assister à la première représentation de la pièce de théâtre « Montesquieu et Machiavel : les démons de la politique ». Cette pièce, adaptée du pamphlet de Maurice Joly « Dialogue aux enfers » (1864) par Philippe VOIVENEL et Marc BOJIC (président de la Société d’Histoire de Woippy), a été l’un des points d’orgue du Salon.

Celui-ci avait choisi pour thème « La France et l’Europe au Siècle des Lumières », et avait invité comme parrain Philippe BRUNELLA, directeur du Musée de la Cour d’Or de Metz Métropole, et comme historiens spécialistes Gérard MICHAUX et Michel SEELIG, ainsi que, pour la partie plutôt littéraire, Nicolas BRUCKER et Monique BERNARD. À travers les trois conférences et une table ronde, le public a pu revivre cette grande période du renouveau des idées que fut le XVIIIe siècle.

Il fallait, pour couronner cette belle thématique, offrir au public une œuvre lui permettant de s’approprier une forme de synthèse des grands idéaux du siècle des Lumières, notamment sur le plan de la pensée politique, en relation avec les débats modernes.

Le choix de Philippe VOIVENEL et de Marc BOJIC de faire dialoguer Montesquieu, l’auteur de L’Esprit des Lois et le théoricien de la séparation des pouvoirs, et de Machiavel, l’auteur du Prince, nous a semblé une idée « lumineuse », dans la mesure où les deux grands hommes échangent des propos d’une réelle modernité. D’un côté la séparation des pouvoirs, l’état de droit, la souveraineté de la nation, de l’autre l’obsession des potentats (ou des dictateurs) de conserver à tout prix le pouvoir.

La mise en scène, très vivante, a ceci d’original que seul Montesquieu apparaît en chair et en os, alors que Machiavel, qui n’est présent que par ses écrits et sa pensée à travers la voix de Philippe Voivenel ou de Mari-Lou Bistocchi (très talentueuse au violon).

Cette mise en scène n’est jamais figée, et utilise divers artifices visuels parfois étonnants qui dynamisent la pièce et font que le public ne perd pas une miette de ce fabuleux dialogue et entre immédiatement dans le jeu.

Le talent de Philippe VOIVENEL, très professionnel car il est dans les deux personnages, fait le reste.

Le président de l’Académie nationale de Metz ne peut que soutenir cette œuvre et lui souhaiter un grand succès, en particulier auprès des jeunes, pour qui la pièce de Philippe VOIVENEL sera une excellente leçon d’histoire et de réflexion politique.

 

   Pierre BRASME

Président de l’Académie nationale de Metz

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